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Au fait, comment réalise-t-on une telle manifestation?

30.03.2023

À la fin mars se sont déroulés les Championnats suisses de ski alpin BRACK.CH à Verbier. J’ai passé deux jours dans le val de Bagnes pour tenter de découvrir comment un événement d’une telle ampleur est organisé et ce qu’il représente pour les jeunes talents de la relève.

La météo ne se prête pas vraiment à une journée de ski lorsque je débarque en Valais: pluie à 45 degrés, violentes rafales et, en altitude, chutes de neige et brouillard. Nous sommes dimanche et les deux slaloms géants prévus aujourd’hui ont été annulés peu après mon arrivée.

Mais pas de quoi entamer la bonne humeur de mon premier interlocuteur, Eloi Rossier, le président du comité d’organisation à l’origine de la venue à Verbier de ces épreuves. C’est lui qui tire toutes les ficelles. Pour lui, il n’est pas question de rester les bras croisés après une annulation. «En ce moment, environ 50 personnes préparent la piste pour demain, dit-il. Hier, elles étaient même plus de 150.» Les fortes précipitations ont amené plus de 20 centimètres de neige en l’espace de quelques heures. Les bénévoles sont donc fortement sollicités sur la piste.

Ramon Zenhäusern se mesure aux éléments. Photo et celle ci-dessus: © Kuva Sàrl

Il n’est pourtant pas difficile de trouver des bénévoles. «Ici, dans la région, les gens donnent volontiers un coup de main. Tout le monde vient, des jeunes aux personnes plus âgées.» Le comité d’organisation ne considère toutefois pas ce franc soutien comme acquis. Eloi Rossier souligne à quel point il est important de témoigner sa reconnaissance. C’est ainsi que vendredi, après la dernière course, une soirée sera organisée pour les plus de 500 bénévoles.

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Les Championnats suisses de ski alpin BRACK.CH

Ce grand événement, qui marque la fin de la saison de ski en Suisse, est soutenu par BRACK.CH en tant que sponsor en titre. Il se déroule chaque année dans un lieu différent. En 2023, c’est à Verbier, dans le sud-ouest du Valais, qu’est revenu cet honneur. Les courses ont eu lieu du 25 au 31 mars dans toutes les disciplines: slalom, slalom géant, super-G et descente. Vous trouverez davantage d’informations sur Swiss Ski.

À côté des bénévoles, sans qui un tel événement serait impossible à organiser, trois acteurs doivent être impliqués suffisamment tôt selon Eloi Rossier: la commune, les remontées mécaniques et l’office du tourisme. Lors des discussions entamées en janvier 2022 déjà, il est vite ressorti que toutes les parties tiraient à la même corde. La commune de Verbier en particulier a participé de manière significative au budget global de plus d’un demi-million de francs. En deuxième ligne, pour ainsi dire, suivent les skis-clubs locaux qui mettent les bénévoles à disposition et disposent de l’expertise technique pour la préparation de la piste.

Dans ces conditions, l’équipe encadrant le président du comité d’organisation devrait pouvoir atteindre ses trois objectifs:

  1. Tout faire pour offrir aux athlètes une expérience inoubliable.
  2. Promouvoir l’image de la destination. Il est important que le public et les athlètes repartent avec une très bonne impression de la région.
  3. La réalisation d’un certain bénéfice pour le ski-club local, Verbier St-Bernard Ski Team. Celui-ci, à l’instar de nombreuses associations, dépend des dons pour pouvoir encourager la relève à grande échelle.

Eloi Rossier. Photo: Romy Moret

Chances et défis pour la relève

Il va de soi que les athlètes sont aussi ambitieux que le comité d’organisation. Outre les visages connus, la relève provient en grande partie du lieu. Pour savoir comment les jeunes talents tirent profit des CS, comment ils s’y préparent et quels sont les défis qui les attendent, je m’adresse à deux professionnels aguerris de Swiss-Ski: Hans Flatscher, responsable de la relève, et Valentin Crettaz, entraîneur-chef de l’équipe masculine du cadre C.

«Pour la relève, les CS sont l’un des points d’orgue de la saison. Outre l’aspect sportif, les jeunes y rencontrent leurs idoles, échangent avec elles et, bien entendu, se mesurent à elles», confirme Hans Flatscher.

À gauche: Valentin Crettaz, à droite: Hans Flatscher. Photo: Swiss-Ski

Afin que les athlètes ne se contentent pas de «participer» aux CS, mais qu’ils réalisent de bons résultats, un entraînement intensif est nécessaire selon Valentin Crettaz. Cette saison, la relève a testé pour la première fois un programme très individuel, alors que celui-ci était auparavant plus orienté vers le groupe. Cela nécessite une collaboration intense avec les différents athlètes, mais l’expérience s’est avérée positive. Valentin Crettaz attache une importance particulière à la technique lors de l’entraînement: «Lorsque la technique est bonne, la vitesse vient naturellement», confie-t-il.

On sait que l’entraînement en ski alpin nécessite beaucoup de temps, notamment en raison des longs trajets vers les domaines skiables appropriés. Dès le niveau inférieur, s’entraîner uniquement le week-end ne suffit plus lorsque les ambitions sont élevées. Pour Hans Flatscher, cela représente l’un des plus grands défis pour la relève: «En Suisse, la formation est prioritaire et demande beaucoup de temps. Il peut être difficile de la combiner à un entraînement intensif.»

Swiss-Ski tente d’y remédier dans la mesure où il se décentralise le plus possible. Pas moins de 31 centres de compétences régionaux et trois nationaux sont répartis dans tout le pays pour accompagner les jeunes athlètes sur le chemin des cadres.

Des visages souriants lors de la remise des médailles de la descente femmes: Delia Durrer (1er rang), Stephanie Jenal (2e rang), Juliana Suter (3e rang) et Nathalie Gröbli (4e rang). Photo: © Kuva Sàrl

Les aléas de la météo

Comme mentionné plus haut, la météo est aussi un facteur décisif dans le ski de compétition. Elle peut complètement ruiner une épreuve, quels que soient le niveau de préparation et le nombre d’athlètes qui se sont entraîné·e·s. Il s’agit donc du plus grand adversaire du président du comité d’organisation Eloi Rossier, dont la priorité est d’offrir aux athlètes de parfaites conditions de course. «La plus belle chambre d’hôtel n’apporte rien aux athlètes si la piste n’est pas bonne», déclare-t-il en désignant les fortes chutes de neige à travers la fenêtre du restaurant de montagne Le Mouton Noir. Comme la météo ne se commande pas, l’une des tâches les plus importantes d’Eloi Rossier est de demeurer flexible et, le cas échéant, de repenser totalement un programme minutieusement planifié. Il s’agit notamment des reports des départs, de l’intensification du travail de préparation des pistes, voire de l’annulation complète d’une compétition. En ce qui concerne les CS 2023, le comité d’organisation a décidé d’avancer à jeudi la course prévue vendredi, les conditions météorologiques étant meilleures en milieu de semaine.

Fortes chutes de neige durant le slalom géant de samedi. Photo: Competec

Les athlètes pâtissent également des aléas de la météo lors de l’entraînement. En raison de l’enneigement extrêmement faible de fin 2022, de nombreuses stations n’ont pu ouvrir qu’une partie infime de leur domaine. Pour s’entraîner, les skieuses et skieurs ont donc été contraints de se tourner vers l’étranger ou l’un des quelques domaines suisses de haute altitude où la couche de neige était suffisante.

Par chance, Valentin Crettaz a pu s’entraîner avec ses jeunes à la Diavolezza, aux Grisons. Il est néanmoins conscient que cela n’est pas non plus garanti pour les années à venir. Il a déjà adapté le plan d’entraînement en octobre dernier, de sorte que celui-ci se poursuivra jusqu’en mai, sans faire de pause après la clôture de la saison à Verbier. «Jusqu’ici, les athlètes sont motivés par ce plan. J’espère qu’ils le seront encore après les CS.»

Pour tous les jeunes talents de la relève, le manque de neige peut compliquer l’entrée en ski de compétition, comme le confirme Hans Flatscher: «Les petits téléskis situés à basse altitude constituent un terrain favorable pour initier les enfants au ski, même s’ils ne fonctionnent que deux mois par an. Si ces installations ne peuvent plus être exploitées, il se peut que des talents potentiels ne découvrent pas le ski.»Malgré les caprices de la météo lors de ces CS, Eloi Rossier ne se laisse pas détourner de son objectif. Lorsqu’il m’invite à manger au restaurant après l’interview, il a au moins atteint son but en ce qui me concerne: je repars avec de merveilleux souvenirs.

Dominik Perrenoud

Rédacteur

Let the Beat Hit ’em ! En tant que DJ passionné par les mariages, je m’intéresse à tout ce qui fait écho à la musique. Dans ma vie privée aussi, j’écoute de la musique pratiquement en permanence, si bien que plusieurs haut-parleurs traînent dans l’appartement – du plus petit au plus grand. En outre, j’apprécie les bons films et les jeux sur mon home cinéma, je savoure un bon whisky (avec la musique de fond appropriée, bien sûr) et je fais des tours dans ma voiture décapotable de 20 ans à travers la Forêt-Noire.

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